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02 août Vis ma vie de guide-accompagnateur

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, à 25 ans, il a fallu que je dise stop aux études et que je me lance enfin dans la vie professionnelle. Avec un master en management touristique en poche, je ne rêvais que d’une chose : être chef de produit. Je savais que ce poste était réservé aux seniors, ceux qui avaient déjà bourlingué à travers le monde et qui ont une grosse expérience en tour-operating derrière eux, mais bon, rêver ça ne coûte rien.

Ma bonne étoile lance le début de l’aventure

Et puis un mois après mon stage de fin d’étude, j’ai vu cette annonce paraître sur un site d’offre d’emploi : chef de produit junior dans un tour-opérateur basé à Bordeaux spécialiste du voyage d’aventure au Moyen-Orient. LE RÊVE, tout y était : le boulot de mes rêves, le tourisme d’aventure, la ville que je visais, et potentiellement comme destination le pays que je connais comme ma poche et dont je ne me lasserai jamais, l’Égypte.

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Bédouin du désert arabique, Égypte

Le Moyen-Orient, c’est très large, mais comme la chance semblait réellement vouloir me viser, la destination était bien mon pays d’adoption. Une bonne dose de chance n’arrivant jamais qu’à moitié, j’appris lors de l’entretien final que le correspondant local n’était autre que l’ancien collègue photographe de mon ex petit-ami, qui quelques années plus tôt m’avait effectivement baladé dans toute l’Égypte avec son véhicule floqué Nouvelles Frontières. Bref, comme si finalement, tout ça avait été orchestré depuis des années. C’est ce genre d’événement qui me fait penser que finalement, rien n’arrive pas hasard. Avec tous ces feux verts, j’ai été l’heureuse élue parmi plus de 2 000 candidats.

Quinze jours après mes débuts, mon nouveau boss m’explique qu’il faudrait que j’accompagne régulièrement des groupes sur le terrain, cela me permettra de tester les circuits, de discuter avec les intervenants, d’améliorer ce qui peut l’être. Bien sûr j’ai dit oui, il aurait été suicidaire de dire non. Mais j’avoue, je ne faisais pas la maline. J’ai eu beau habiter un an à Louxor, je ne me sentais pas du tout prête à accompagner un groupe pendant une semaine ou quinze jours, à répondre à toutes leurs questions sur la culture, l’histoire (et difficile de faire plus complexe que l’histoire d’Égypte), à gérer la logistique, à être intéressante et surtout à être à la hauteur de leurs attentes. Un mois après mon arrivée dans la boite, je m’envolais pour l’Egypte.

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Parfois, il faut faire les comptes (le mauvais côté du boulot)…

Mes premiers circuits

La première fois, je suis partie pour les vacances de Noël. Le programme était le suivant : une semaine de formation auprès d’un accompagnateur dans le cadre d’un circuit, puis la semaine suivante : toute seule avec mon propre groupe. J’ai eu la chance d’être formée par un mec très compétent et surtout super sympa qui deviendra rapidement un ami. C’est un français amoureux de l’Égypte, à peine plus âgé que moi, qui avait décidé de poser ses valises sur la rive ouest de Louxor. Depuis 3 ans, il ne vivait que de ça : accompagner de petits groupes de français en felouque, dans les temples, en rando dans le désert, en balade sur la mer rouge… Il m’a appris beaucoup de choses, mais à la fin de ma semaine de formation je me sentais loin d’être prête à gérer un groupe. La boule au ventre, je passais mon temps à réviser l’histoire des temples que j’allais faire découvrir, le déroulé du circuit avec les contacts à appeler au fur et à mesure, les différents prestataires à réserver à prévenir, vérifier le contenu de la pharmacie etc. Hors de question que mes touristes soient déçus, hors de question qu’ils remarquent que c’était ma première fois : il va falloir assurer.

A l’arrivée du groupe à l’aéroport, j’avais le cœur serré, presque la nausée. Lorsque je les ai accueillis, plutôt que d’avoir peur de ne pas assurer, j’ai senti que j’avais comme mission de rendre leurs vacances inoubliables, et ça m’a presque donné des ailes.

Ce premier circuit m’a donné confiance en moi malgré mes doutes, car je suis persuadée qu’aucun de mes petits protégés n’a eu idée que je vivais mon premier circuit, du haut de mes 25 ans, et que mon vrai métier c’était chef de produit. Une semaine en Louxor et Assouan, trois jours de navigation en felouque, plein de rires, d’histoires, de rêverie, et des petits mots gentils écrits par mon groupe sur une carte postale avant de les raccompagner à l’aéroport. Je les ai relu plein de fois ces « merci pour ce superbe voyage, merci à notre Nefertiti, on espère repartir avec toi une prochaine fois… » et j’étais boostée pour la suite !

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Contempler le paysage avec mon groupe à l’heure du bivouac et raconter quelques histoires

Mes meilleurs souvenirs

De l’accompagnement, je garde plein de merveilleux souvenirs. Même si au bout de quatre ans à raison de deux circuits en Égypte et en Jordanie tout les deux mois, j’avais toujours la boule au ventre à l’arrivée d’un nouveau groupe, je ne garde que le meilleur. Certains séjours ont été éprouvants, difficiles, avec des touristes toujours plus exigeants, des doutes, mais d’autres resteront gravés à jamais dans ma mémoire. Notamment lors de l’éruption du volcan Eyjafjöll où je me suis retrouvée bloquée 5 jours avec mon groupe, sans savoir quand nous allions pouvoir rentrer en France. Certains avaient des choses importantes à faire en France (je pense à ces deux choupinettes qui ont loupé leur concours de MNS qu’elles préparaient depuis des mois), un autre était en manque de médicaments et craignait la crise d’épilepsie, mais malgré tout ils ont tous été adorables et patients, un groupe dont je n’ai oublié aucun visage. Je n’ai pas beaucoup dormi pendant ces 5 jours, mais cette expérience unique me laisse un superbe souvenir. Parce que jamais je n’aurais imaginé être capable de gérer ça comme ça.

Je garde d’excellents souvenirs de ces paysages magnifiques qu’ils ont découverts, ébahis, et que je redécouvrais à chaque fois. Je me nourrissais de leur émerveillement. Quel bonheur d’être celle qui leur faisait découvrir ce pays.

Je n’oublierais jamais nos débriefing entre accompagnateurs à la fin du séjour, ce moment où tu relâches tout (et ou souvent tu finis à 3 grammes), où on se racontait nos anecdotes, les meilleurs et les pires moments de la semaine.

Tout ça j’ai pu le faire en sortant de ma zone de confort. L’accompagnement, ce n’était pas mon métier, et ce n’est pas celui auquel j’ai postulé lorsque j’ai trouvé mon job de rêve. Mais c’était le gros plus qui donnait du piment à mon boulot, ce gros plus qui m’a prouvé que oui, avec un bon coup de pied au cul j’étais capable de faire tout ça, et bien plus encore !

Toutes mes bonnes choses ont une fin, même si celle-ci n’était pas des plus heureuses. Mais je sais qu’un jour (bientôt peut-être ?), une nouvelle aventure me permettra de faire à nouveau rêver les gens !

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Quelques histoires et anecdotes pendant les pauses !

Désert blanc, Égypte, Bivouac

Bivouac dans le Désert Blanc

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Méharée dans le désert arabique, Égypte

Balade au Caire de nuit

Le Caire by night

Randonnée dans le désert du Sinai

Randonnée dans le désert du Sinaï

Pétra, accompagnateur, randonnée

Randonnée à Pétra

randonnée dans le désert du wadi rum

Paysages imposants dans le désert du Wadi Rum, Jordanie

7 Commentaires
  • Laurent
    Posté à 23:43h, 18 juin Répondre

    Salut Claire,
    J’imagine que la vaste majorité des personnes que tu as été accompagné étaient on va dire de bonne composition. Ça semble être le cas à te lire. Mais tu gères comment les râleurs jamais satisfaits et ceux qui respectent « peu » les moeurs du pays visité ? Ça doit bien arriver non ? Je sais, je prends les choses à l’envers, en cherchant la petite bête, mais pour résumer, je suis plutôt du genre « bonne poire », mais face à ça, je me transforme en autiste excéder. Je ne supporte juste pas ce genre d’attitude :-( Je n’ai jamais été guide donc savoir gérer ça ne fait pas partie de mes attributs, mais ça m’intéresse tout de même :-)
    Laurent Articles récents…Pano 360 : La Médina de FèsMy Profile

    • Claire
      Posté à 10:39h, 19 juin Répondre

      Hello Laurent !
      J’aime beaucoup ta question !
      En fait, comme je l’écris dans mon article, j’essaie de ne garder que le meilleur, mais ceci dit je n’oublie pas le pire…
      Bien sûr j’ai eu à faire à de gros boulets, dès gens qui se plaignaient tout le temps parce que dans le petit hôtel tellement génial qu’on leur a dégoté sur la rive ouest de Louxor, tout près des temples et en pleine campagne, loin de la folie de la ville, il n’y avait pas d’eau chaude le matin (chauffe eau solaire made in egypt…). « La salle de bain est trop petite », « il n’y a même pas de piscine ! ». Certains ont carrément voulu changer d’hôtel, et il a fallu les déplacer dans un hôtel aseptisé en plein Louxor tellement ils étaient rageux.
      C’est ce que j’appelais des erreurs de casting, des gens qui n’avaient rien à faire sur ce type de circuit (je le rappelle, c’était du tourisme « d’aventure » => rando, vélo, hébergements hors des sentiers battus etc.). J’ai eu des gens qui ne quittaient pas le descriptif du programme envoyé par Nouvelles Frontières pour être sûrs que je le suivais à la lettre, jour par jour, demie journée par demie journée. Lorsque je devais modifier quelque chose (par exemple changer le jour de la balade en felouque par manque de vent), ça pouvait prendre des proportions impressionnantes.

      J’en ai eu un paquet, mais je ne me plains pas trop car sur ce type de circuits on a quand même à faire à des gens qui recherchent la rencontre et qui sont assez respectueux des populations.
      Je commençais toujours mon circuit en faisant un point sur les bonnes attitudes à avoir etc. Je pense que ça mettait les choses au clair et que ça évitait les dérives.

      Mais oui, parfois j’avais l’impression que certains cherchaient à se pourrir leurs vacances en cherchant la petite bête, plutôt que de profiter de tout ce qu’ils avaient de merveilleux à découvrir !

    • Laurent
      Posté à 00:05h, 20 juin Répondre

      Ah oui, quand même :-( Il faut donc partir « préparé » pour ce genre de loustics et prendre sur soi, pas forcément évident. Avec ce genre de personnes un peu « ingérables », c’est moi qui deviens également « ingérable ». Une solution pourrait être de leur offrir … quelques biscuits de ma spécialité ;-)

  • Charlesdenton
    Posté à 02:32h, 19 juin Répondre

    Très bon compte-rendu de tes 1ers accompagnements en tant que professionnel, Claire. Merci de nous faire partager tes craintes et l’enthousiasme qu’insuffle ta conscience professionnelle mais surtout ton goût des contacts avec les gens, visiteurs comme autochtones. Et après cette expérience, que prépares-tu ?
    A la prochaine lecture d’une tranche de ta vie si enrichissante.

    • Claire
      Posté à 10:03h, 19 juin Répondre

      Merci beaucoup Charles pour ton gentil commentaire.
      La prochaine aventure reste pour le moment au stade de projet, mais doucement il avance. Je ne préfère pas en dire trop tant que ça n’est pas sûr ;-)
      Mais bien sûr, si ça se confirme, ça se retrouvera ici !

  • Daphné
    Posté à 21:47h, 10 février Répondre

    Salut Claire!
    Un petit bonheur de lire cet article qui me rappelle de trés bons souvenirs de stage!
    Ce fut également un régal d’avoir pu travailler dans cette entreprise qui m’a permi de découvrir cette merveilleuse destination qu’est l’Egypte!
    J’ai vécu en même temps que le groupe que je suivais avec Mohammed un voyage d’exception! il m’arrive d’aller jeter un ptit oeil aux sites de CAT59.
    Qu’est devenu la boîte par ailleurs ??
    Et ton stress d’accompagner un groupe je vais le ressentir dans quelques semaines ! 30pax a encadrer au Sri Lanka, si tu as des conseils je suis preneuse!
    Bonne continuation

    • Claire
      Posté à 23:34h, 10 février Répondre

      Hello Daphné
      Ça fait plaisir d’avoir de tes nouvelles ! Tu es sur Paris maintenant si j’ai bien suivi ?
      Oui, CAT59 c’était une chouette expérience, l’Egypte me manque beaucoup depuis…
      J’ai eu quelques news de Guillaume, la boite existe toujours mais je crois qu’il ne travaille plus beaucoup sur l’Egypte et il fait pas mal de voyages « spirituels »… Bref, ça a pris une autre tournure.
      Génial le Sri Lanka ! Tu bosses pour qui maintenant ?
      Comme conseil, le mieux c’est de bien préparer ton voyage et d’être prête à répondre aux très nombreuses questions que ton gentil petit groupe te posera à tout bout de champs. Et puis rester zen lorsqu’ils seront casse c*****e (car sur 30 pax t’en auras forcément). Zen mais sans tout accepter non plus. Le client est roi, mais jusqu’à un certain stade, hein…
      En tous cas éclate toi bien, c’est une super expérience, très fatigante mais super enrichissante.
      Profite !

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