J’ai testé pour vous : la pirogue polynésienne

Ça fait un petit bout de temps que je lorgnais sur ce sport qui mixe plusieurs points forts à mes yeux : sport nautique (mais dans lequel on ne se mouille pas trop, rapport à ma frilosité), sport d’équipe pour les V6 (les pirogues 6 places), sport qui allie performance physique et plaisir d’être dans un environnement incroyable (en ce qui me concerne, la baie de Saint-Jean-de-Luz et plus généralement la côte basque). Samedi, le Belharra Waterman Club organisait une journée de découverte de la pirogue polynésienne, j’ai donc sauté sur l’occasion.

En parlant de pirogue polynésienne, mon inconscient avait tendance me donner des signaux plutôt sympas du style soleil, chaleur, lagon, eau chaude… peut-être aussi parce que j’ai passé quelques mois à Tahiti et que j’ai pu voir les polynésiens à l’action sur leurs pirogues tous les jours de la semaine. Là-bas la pirogue ce n’est pas qu’un sport, c’est une institution qui s’insinue même dans le monde du travail. Beaucoup d’entreprises en Polynésie ont leur propre équipage et participent régulièrement à des courses.

Mais revenons à nos moutons. Ce samedi 22 mars, à Socoa, la météo n’avait rien de polynésien. Il faisait froid (moins de 10 °C le matin), il y avait de bonnes rafales de vent, et de belles averses de pluie. Mais pour vous, oui pour vous, j’ai pris ma combinaison, mes chaussons, et je suis partie à la plage de Socoa.

température, météo pays-basque

pas beau pas beau la météo !

Avant de mettre les pieds dans la pirogue, quelques informations sur l’embarcation s’imposent (mieux vaut savoir à qui on a à faire) : la pirogue polynésienne, ou va’a est une pirogue à balancier unique, relié à la coque par deux bras en bois (rien de mieux qu’une photo pour bien comprendre).

pirogue polynésienne, va'a

Photo d’une pirogue polynésienne par Benoit Mouren sous licence creative commons

Les rameurs sont équipés de pagaies simples et alternent régulièrement de côté pour ramer. Plus précisément, le numéro 3 sur la pirogue (appelé le tare) indique aux rameurs à quel moment il faut changer de côté. Le numéro 1 donne la cadence (c’est celui à qui on en veut quand on les bras qui brûlent), et le numéro 6 est le barreur (celui à qui on en veut quand on a les bras qui brûlent, parce qu’il ne rame pas). Autant la pirogue peut-être tranquille dans le cadre d’une balade-randonnée, elle peut se transformer en avion de chasse en compétition !

Nous commençons donc la sortie dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, tout d’abord dos au vent. On avance bien et on n’a presque pas l’impression de forcer. J’ai presque envie de dire que c’est trop facile, mais je garde tout ça pour moi (c’est un peu trop tôt pour se vanter). J’en profite pour regarder le paysage et je me dis que c’est vraiment génial d’être là, sur l’eau, au milieu de cette baie magnifique. Sous le soleil, ça aurait été juste parfait. Jusqu’à ce qu’on entame un demi-tour, face à l’océan, face au vent. Là c’est une toute autre histoire. Et c’est là, au bout de 5 minutes que je découvre que j’ai pas mal de muscles oubliés dans les bras et dans le dos. La cadence est assez rapide pour une initiation et le vent assez fort complique un peu la tâche, mais ça donne un peu de piment à la sortie et surtout ça permet de se rendre compte que c’est un vrai sport très complet. Le plus dur c’est donc de suivre le cadenceur coûte que coûte, même quand ça commence à piquer sérieusement dans les triceps, car si on ne suit pas le rythme de nos petits copains, la pirogue va très vite perdre la vitesse. C’est donc un vrai sport d’équipe.

En ce qui me concerne, une très chouette expérience qui me laisse quelques séquelles aujourd’hui dans le haut du corps, ces courbatures sont bien la preuve qu’on n’a pas fait semblant de ramer. Et comme je ne fais jamais les choses à moitié, je suis revenue à la maison avec mon bulletin d’inscription à l’année !

froid, neige, Pays-Basque

La preuve qu’il faisait froid ce weekend au Pays-Basque !

 

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