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19 fév Pourquoi j’aime pas la compétition

Sportif dans l’âme, j’ai signé mes premières prouesses sportives à l’âge de 8 ans dans le monde du VTT. Nous étions une bande de copains, nous habitions près d’un lac truffé de chemins, de sentiers, de bosses, … Notre principale activité était de se lancer des défis en descendant des sentiers toujours plus raides, toujours plus techniques. Le principe de base était très simple et se résumait ainsi : t’es cap de descendre ici ? Réponse : si t’y vas j’y vais. Et nous y allions.

Ce petit jeu, sans en avoir vraiment conscience, nous perfectionnait dans notre pratique. Nous avons commencé par des sentiers existant, puis une fois que nous les avions tout descendu, nous nous sommes mis à créer nos propres passages. Nous cherchions les pentes les plus raides, nous identifions “les pièges”: rupture de pentes, racines, cailloux. Nous évaluions les virages, puis nous nous lancions, avec plus ou moins de réussite, mais au final on y arrivait toujours.

Quelques litres d’adrénaline, bosses et points de suture plus tard, nous avons commencé à varier nos défis : nous avons commencé à nous chronométrer sur un tour du lac, puis deux puis trois, une fois nos vélos équipés de compteurs, nous avons fait des records de vitesse, nous avons fait des records de sauts, en hauteur, en longueur, nous trouvions donc toujours une bonne excuse pour nous confronter, pour nous chambrer, sans aucune obligation, sans aucune pressions hormis la pression qu’on voulait se mettre, toujours en short et en tennis avec des vélos rafistolés.

Ce fut les meilleures années VTT de ma vie

Nous avions à peu près 13 ans, lorsque sur NOTRE territoire, autour de ce lac qui nous a vu grandir arriva un événement de VTT : une compétition. D’un côté ce mot nous faisait peur. Nous avions peur de l’inconnu. Nous avions déjà aperçu des compétiteurs sur NOTRE lac et leur équipement nous impressionnait : fourche suspendu, pédales automatiques, maillots de club, casques, gants, … Nous étions admiratifs, nous rêvions d’être à leur hauteur.

D’un autre côté, passionné par notre activité, ce mot, compétition, nous attirait. Nous nous sommes alors tous inscrit à cette évènement en respectant toujours le même principe: si t’y vas j’y vais.

La veille, je me rappelle ne pas avoir réussi à dormir, la boule au ventre. Pourtant je connaissais bien le terrain, le départ était à 300 m de chez moi et ça faisait maintenant 5 ans que je passais à peu près tout mon temps libre sur ce lac.

Le lendemain, et comme prévu, nous sommes passés pour des ploucs, avec nos vieux vélos de supermarché nos baskets et nos shorts. La course était sous le format d’une course d’endurance : 2 heures de course, en relais par équipe de deux personnes : chaque équipier faisait un tour du lac puis passait le relais à son coéquipier qui réalisait un tour et ainsi de suite. Comme mon coéquipier avait deux ans de plus que moi, j’ai été surclassé, je me suis retrouvé cadet au lieu de minime.

Nous avons gagné

Nos amis, eux classés en minime ont gagné, bref, nous avions montré chez qui ils étaient. Nous étions bien évidemment très fiers, nos familles aussi, mais surtout nous savions maintenant que nous avions largement le niveau pour faire de la compétition.

Ce fût le début d’une carrière de 7 ans. J’ai commencé par des courses départementales, puis des courses régionales, puis des courses nationales. Cette montée en puissance n’était plus compatible avec nos petits défis entre amis : j’ai changé de vélo, de tenues, je me suis inscrit dans un club, je me suis fait sponsorisé, j’ai suivi un entraînement de plus en plus poussé, un régime de plus en plus strict, toujours avec le même objectif : progresser et gagner plus.

Au meilleur de ma forme, j’ai réalisé un entraînement de presque trente heures par semaine, composé de séances de musculation, de course à pied, un peu de VTT (4 heures le weekend) et surtout beaucoup de vélo de route, alors que nous aimions, mes amis et moi, rigoler des routards sans jamais comprendre le sens de leur sport.

Je me souviens avoir également subi des “tests à l’effort”: on vous met sur un vélo d’appartement, on vous branche des électrodes sur le thorax et on vous accroche un masque sur le visage. Le “jeu” consiste à conserver la même fréquence de pédalage alors que le médecin à vos côtés augmente toutes les minutes la résistance au pédalage et vous incise le bout du doigt pour prélever des gouttes de sang toutes les 3 minutes. L’objectif est de mesurer tout un tas de variables dans votre organisme, dont la fréquence cardiaque, la capacité ventilatoire, le taux de lactate, …, en fonction de l’effort que vous offrez, dans le but de définir le meilleur entraînement pour les 3 prochains mois. Je me sentais dans la peau d’un rat de laboratoire.

Puis un jour, où je m’entraînais avec mon vélo de route, de nuit, alors qu’il pleuvait, je me réconfortais dans mes souvenirs à me tirer la bourre avec mes potes autour de NOTRE lac, je me suis ensuite dît que j’étais très loin de ça et ce fût le déclic : j’aime pas la compétition !

Certes, le milieu de la compétition m’avait apporté beaucoup de chose: j’avais voyagé, rencontré du monde, je m’étais surpassé, j’avais développé mon courage. C’est un moment inexplicable que de gagner une compétition après tous les sacrifices qui avait été nécessaires. Mais j’en avais assez, j’avais fait trop de sacrifices, j’avais envie de liberté et de faire ce que bon me semblait.

Et la liberté je l’ai récupéré

Ce déclic a changé ma vie et surtout m’a ouvert l’esprit. C’est à ce moment que j’ai découvert tout un tas de sports dit de « pleine nature » (oui je suis passé par STAPS à Font Romeu et j’ai retenu deux trois trucs). Le ski, la rando, l’escalade, l’orientation, la plongée, le sauvetage, le surf, le kite, … Bref je suis devenu un touche à tout tant que je touche du vrai. Maintenant le dépassement de moi me suffit.

Je pratique toujours la compétition mais ce n’est plus un objectif en soi. Et d’ailleurs, depuis cette époque je n’ai pas réalisé une seule compétition de VTT où je pense malgré tout être resté le plus “performant”. Elle me permet de faire le point sur mes capacités, partager un moment avec des copains, me pousser à découvrir d’autres endroits, d’autres pratiques sportives, mais surtout je me fais plaisir.

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2 Commentaires
  • fafa expat
    Posté à 20:14h, 19 février Répondre

    Je suis comme toi, je n’aime pas la compétition ça me met dans un état de stress pas possible… seuls le dépassement de soi et l’atteinte de nos propres objectifs sont importants pour moi. Bref être en compétition avec soi même c’est surtout cela qui nous fait avancer! Bises ma belle
    fafa expat Articles récents…C’était une idée stupide…My Profile

    • Claire
      Posté à 12:28h, 20 février Répondre

      Merci Fafa pour ton p’tit message. Oui, la compétition avec soi-même finalement y’a que ça de vrai, et c’est aussi surement la plus dure !
      Bises

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