Fadiouth Sine Saloum

14 mai Joal-Fadiouth, les portes du Sine Saloum

Et voilà, toutes les bonnes choses ayant une fin, notre séjour au Sénégal est passé à la vitesse d’un chameau au galop (pour l’avoir vu une fois, je peux certifier que c’est ultra-rapide).  Plein de découvertes, plein de rencontres, encore un séjour sénégalais qui nous laisse de superbes souvenirs. Finalement, nous avons partagé notre voyage entre Dakar et le Sine Saloum, à 2h30 de route au sud de la capitale sénégalaise. Dakar est toujours un immense bazar à ciel ouvert où se côtoient des millions d’habitants, certains vivants dans l’extrême pauvreté et croisant chaque jour de riches hommes affaires dans leurs tours de verre. Cette ville me fascine toujours autant, même si je suis heureuse de ne pas y vivre. Pour chercher la nature et la tranquillité, nous avons préféré filer vers Joal et les portes du Sine Saloum.

Chez les Sérères, les pêcheurs de Joal

En sortant de Dakar, on redécouvre ces paysages secs et arides, ces espaces désertiques et ces quelques villages qui longent la route. On met un peu de temps à traverser Mbour, toujours embouteillée. Puis le paysage évolue petit à petit. Apparaissent alors des forêts plus touffues et des villages de cases. On croise quelques singes qui s’amusent au bord de la route. La terre est rouge, la route est droite, on sent qu’on approche de notre destination. Au bout de 3 heures de route, on pose nos sacs à Joal, village Sérère (groupe ethnique d’Afrique de l’Ouest) réputé pour être le lieu de naissance de Leopold Sédar Senghor, le célèbre poète, écrivain, homme politique et premier président de la République du Sénégal. C’est l’heure d’arrivée des pêcheurs, nous en profitons pour découvrir leur méthode de travail. C’est un spectacle à voir absolument à Joal, un des plus gros port de pêche du Sénégal ! Les porteurs se jettent à l’eau pour pouvoir déposer leurs bacs à l’arrivée des pirogues, et avoir la certitude de ramener du poisson à terre. Sur le sable, les femmes trient le poisson et les hommes négocient la vente. Pour nous c’est un gigantesque bazar, mais pour eux tout est clair et organisé. On y voit toutes sortes de poissons et coquillages en quantité, vue de terre la pêche semble miraculeuse (les pêcheurs ont certainement un autre avis). Je vous passe les odeurs de poisson séchant au soleil et de coquillages vides abandonnés sur la plage.

promenade fadiouth coquillages

Promenade sur l’île de Fadiouth

Cimetière musulman chrétien fadiouth

Le cimetière mixte de l’île de Fadiouth

Coquillages et baobabs à Fadiouth

Le point d’attrait de ce petit coin de paradis aux portes du Sine Saloum est l’île de Fadiouth, également appelée l’île aux coquillages. Selon les anciens du village, l’île aurait pour origine les coquillages accumulés par les villageoises. Aujourd’hui encore, les femmes du village ramassent les coques et conservent leurs coquilles pour en parsemer les rues du village. Le sol est d’un blanc éclatant qui craque sous nos semelles à chaque pas. 12 000 habitants se partagent ce petit îlot de 500 mètres de diamètres, régi par 7 chefs de village. Chaque quartier possède sa case à palabre dans laquelle se retrouvent les anciens aux heures les plus douces de la journée. C’est également ici que le tambour raisonne pour annoncer les nouvelles importantes.

Le cimetière de Fadiouth est un lieu réputé dans tout le Sénégal pour plusieurs raisons. Pour y accéder, il faut emprunter un des deux ponts en bois qui permettent d’accéder à l’île. Le cimetière est situé sur un îlot et a la particularité de compter des tombes à 90% chrétiennes et à 10% musulmanes, représentatives de la diversité religieuse de l’île de Fadiouth (quasiment l’opposé du reste du Sénégal). Ici, musulmans et chrétiens vivent et reposent ensemble, en harmonie. En haut de la colline qui surplombe le cimetière, nous prenons conscience de toute la beauté du lieu : la mangrove s’étend face à nous sur des kilomètres derrière l’île de Fadiouth. Nous découvrons aussi les jolis greniers à mil sur pilotis, solution développée pour éviter que les récoltes soient entamées par les rongeurs.

À 45 minutes de Joal, en empruntant la piste qui mène au cœur du Sine Saloum, nous passons une nuit dans le très joli campement de Simal. On a de la chance d’être arrivé à destination car nous avons choisi le véhicule le plus pourri qui puisse exister, sachant que son propriétaire avait essayé de vendre toutes les pièces dont il pouvait se débarrasser (en gros, il restait le moteur et la ferraille). La voiture conservait quand même sa petite affiche « véhicule à vendre », juste au cas où. À Simal, on découvre un site magnifique au bord de l’eau, sous des arbres immenses où des oiseaux chantent à la sénégalaise (c’est-à-dire pas comme chez nous, c’est beau et dépaysant). Les cases sont en paille avec salle de bain ouverte sur l’extérieur, le tout simple et confortable. On vient ici pour se reposer, pour ouvrir une parenthèse et se ressourcer. Et en plus, on y mange bien !

Tout ceci n’est qu’un tout petit bout du Sine Saloum, une région qui vaut vraiment le voyage. Pour en savoir plus, je vous conseille ces blogs qui illustrent la région du delta (mais pas que) avec de très belles photos : http://www.delta-sine-saloum.com/ et http://www.santadenn.com/senegal-stories-ep-0-teaser/

Alors, le Sine Saloum ça vous tente ?

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Pirogues dans le Sine Saloum – Photo de Grégory Mignard

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Les bolongs du Sine Saloum (Photo du blog http://www.delta-sine-saloum.com)

2 Commentaires
  • fafa
    Posté à 14:28h, 15 mai Répondre

    ce séjour en amoureux a du être un vrai régal!Du coup vous avez pu manger du poisson fraichement pêché? Ton récit et les photos donnent envie, ça à l’air d’être des coins paisible, sauf pour l’odeur du poisson séché ( ça j’ai vraiment du mal) ;-)

  • Claire
    Posté à 16:53h, 15 mai Répondre

    oui, on a fait une cure de poissons grillés et crustacés, je me suis même risquée à gouter les huîtres locales, très bonnes et heureusement la digestion s’est bien passée ;-)
    C’est un super coin à découvrir, pas si loin de Dakar et pourtant on a l’impression d’être dans une autre dimension !

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