Archive of ‘au Pays Basque’ category

Utopies d’aujourd’hui, solutions de demain

Croire en un monde meilleur

Il y a un an, presque jour pour jour, je me baladais dans les ruelles du vieux Bayonne qui célébrait son premier Alternatiba. Plus de 10 000 personnes avaient fait le déplacement pour découvrir le premier village des alternatives au changement climatique. J’y suis allée par simple curiosité, car c’est une thématique à laquelle je suis sensible et que ça fait partie intégrante du métier de mon homme qui réalise des projets de construction économes, sains, respectueux de l’environnement.

Inconsciemment, je m’attendais à tomber sur quelque chose d’utopique, de décalé, d’idéaliste. Je pensais croiser uniquement des femmes habillées en laine de lama et des hommes barbus avec le cheveu hirsute et gras, portant un sarouel coloré. Et Zaz en fond musical (et ça, je n’aurais pas supporté).

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Mon week-end au Pays-Basque, le nirvana !

Socoa mer

Voilà, ça fait un an et demi que je suis installée au Pays-Basque, et jamais je n’ai regretté une seconde d’avoir posé mes valises ici. Ce weekend encore moins. On m’aurait proposé une téléportation à Bora Bora pour le weekend, je l’aurais refusée (c’est pour dire).

Ce dimanche à Ciboure, il faisait 27 °C (nous étions le 6 avril, pour rappel). Autant vous dire que le dicton « en avril ne te découvre pas d’un fil » n’a pas tenu la route. Ce qui est juste incroyable, c’est qu’ici, dans un rayon de 12 km (et pas un de plus), j’ai pu faire tout ça : balade dans le vieux Ciboure, un tour aux halles de Saint-Jean-de-Luz, pirogue dans la baie de Saint-Jean, promenade à Socoa pour regarder le top départ de Isterybask, petit surf à Erromardie, balade au lac de Xoldokogaina. Ne nous affolons pas, l’été n’est pas encore installé… mais ce weekend sonnait quand même le retour très proche de la tong, et le lancement de la saison des apéro-terrasse au Pays-Basque !

weekend au Pays-Basque

Balade dans le vieux Ciboure

Chat Ciboure Pays-Basque

Un habitant de Ciboure

Halles Saint-Jean-de-Luz

Halles de Saint-Jean-de-Luz (photo de jlastras sous licence creative commons)

plage saint-jean-de-luz

Maisons sur le front de mer de Saint-Jean-de-Luz

Port Ciboure Saint-Jean-de-Luz

Bateaux de pêche dans le port de Saint-Jean-de-Luz

plage Saint-Jean-de-Luz

Plage de Saint-Jean-de-Luz

Promenade à Ciboure

Baie de Saint-Jean-de-Luz, vue sur Ciboure (colline de Bordagain)

Fort et port de socoa

Vue sur le fort de Socoa

corniche urrugne socoa

Corniche d’Urrugne

Xoldokogaina vue saint-jean-de-luz

Vue du lac de Xoldokogaina sur la vallée et la baie de Saint-Jean-de-Luz

Home sweet home !

J’ai testé pour vous : la pirogue polynésienne

pirogue polynésienne, va'a

Ça fait un petit bout de temps que je lorgnais sur ce sport qui mixe plusieurs points forts à mes yeux : sport nautique (mais dans lequel on ne se mouille pas trop, rapport à ma frilosité), sport d’équipe pour les V6 (les pirogues 6 places), sport qui allie performance physique et plaisir d’être dans un environnement incroyable (en ce qui me concerne, la baie de Saint-Jean-de-Luz et plus généralement la côte basque). Samedi, le Belharra Waterman Club organisait une journée de découverte de la pirogue polynésienne, j’ai donc sauté sur l’occasion.

En parlant de pirogue polynésienne, mon inconscient avait tendance me donner des signaux plutôt sympas du style soleil, chaleur, lagon, eau chaude… peut-être aussi parce que j’ai passé quelques mois à Tahiti et que j’ai pu voir les polynésiens à l’action sur leurs pirogues tous les jours de la semaine. Là-bas la pirogue ce n’est pas qu’un sport, c’est une institution qui s’insinue même dans le monde du travail. Beaucoup d’entreprises en Polynésie ont leur propre équipage et participent régulièrement à des courses.

Mais revenons à nos moutons. Ce samedi 22 mars, à Socoa, la météo n’avait rien de polynésien. Il faisait froid (moins de 10 °C le matin), il y avait de bonnes rafales de vent, et de belles averses de pluie. Mais pour vous, oui pour vous, j’ai pris ma combinaison, mes chaussons, et je suis partie à la plage de Socoa.

température, météo pays-basque

pas beau pas beau la météo !

Avant de mettre les pieds dans la pirogue, quelques informations sur l’embarcation s’imposent (mieux vaut savoir à qui on a à faire) : la pirogue polynésienne, ou va’a est une pirogue à balancier unique, relié à la coque par deux bras en bois (rien de mieux qu’une photo pour bien comprendre).

pirogue polynésienne, va'a

Photo d’une pirogue polynésienne par Benoit Mouren sous licence creative commons

Les rameurs sont équipés de pagaies simples et alternent régulièrement de côté pour ramer. Plus précisément, le numéro 3 sur la pirogue (appelé le tare) indique aux rameurs à quel moment il faut changer de côté. Le numéro 1 donne la cadence (c’est celui à qui on en veut quand on les bras qui brûlent), et le numéro 6 est le barreur (celui à qui on en veut quand on a les bras qui brûlent, parce qu’il ne rame pas). Autant la pirogue peut-être tranquille dans le cadre d’une balade-randonnée, elle peut se transformer en avion de chasse en compétition !

Nous commençons donc la sortie dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, tout d’abord dos au vent. On avance bien et on n’a presque pas l’impression de forcer. J’ai presque envie de dire que c’est trop facile, mais je garde tout ça pour moi (c’est un peu trop tôt pour se vanter). J’en profite pour regarder le paysage et je me dis que c’est vraiment génial d’être là, sur l’eau, au milieu de cette baie magnifique. Sous le soleil, ça aurait été juste parfait. Jusqu’à ce qu’on entame un demi-tour, face à l’océan, face au vent. Là c’est une toute autre histoire. Et c’est là, au bout de 5 minutes que je découvre que j’ai pas mal de muscles oubliés dans les bras et dans le dos. La cadence est assez rapide pour une initiation et le vent assez fort complique un peu la tâche, mais ça donne un peu de piment à la sortie et surtout ça permet de se rendre compte que c’est un vrai sport très complet. Le plus dur c’est donc de suivre le cadenceur coûte que coûte, même quand ça commence à piquer sérieusement dans les triceps, car si on ne suit pas le rythme de nos petits copains, la pirogue va très vite perdre la vitesse. C’est donc un vrai sport d’équipe.

En ce qui me concerne, une très chouette expérience qui me laisse quelques séquelles aujourd’hui dans le haut du corps, ces courbatures sont bien la preuve qu’on n’a pas fait semblant de ramer. Et comme je ne fais jamais les choses à moitié, je suis revenue à la maison avec mon bulletin d’inscription à l’année !

froid, neige, Pays-Basque

La preuve qu’il faisait froid ce weekend au Pays-Basque !

 

Olentzero, ou la version trash du Père Noël à la sauce basquaise

Pays Basque, Olentzero

S’installer dans une nouvelle région, c’est aussi s’intéresser de plus près à ses traditions. L’hiver dernier, peu de temps après mon emménagement et quelques jours avant Noël, j’ai découvert des badauds et tout un attroupement d’enfants autour d’un type semblant sortir tout droit de Germinal, crasseux, une bouteille de pif à la main et une pipe dans l’autre, portant sur son dos un sac de charbon. Le pire dans tout ça, les enfants avaient l’air de l’acclamer. Je les ai entendu l’appeler avec des mots qui pour moi sonnaient comme un mélange de russe et de vietnamien. Bien sûr c’était du basque.

Bref, une fois rentrée chez moi et après une enquête approfondie, il s’avère que ce personnage sale, mal fringué, vieux, alcoolisé et portant une faucille à la main, est une version locale de notre bon vieux Père Noël. Me vient une pensée pour les petits basques…ici le monde des bisounours n’existe donc pas. Exit le papi joufflu, bien portant et jovial apportant des cadeaux par milliers, l’ami des rennes dont l’objectif dans la vie n’est rien d’autre que le bonheur des enfants du monde entier. Non, ici c’est Olentzero, l’homme recouvert de suie car il passe ses journées à trimer dans les mines de charbon, ce qui lui vaut un fort penchant pour l’alcool. Au moins, les enfants ne se font pas d’illusion sur la vie.

En creusant le sujet, je me rends aussi compte qu’il existe un bon nombre de confusions autour de ce personnage.  Nombreux sont ceux qui déplorent qu’Olentzero soit confondu avec le Père Noël : chacun sa mission. Olentzero à l’origine vient annoncer le solstice d’hiver (personnellement, j’aurais du mal à lui faire confiance sur ce point, mais la tradition veut que…alors bon).  Pour certains, il descend de sa montagne pour distribuer des bûches aux pauvres, pour d’autres il donne du charbon aux enfants qui n’ont pas été sages (« ouh, vilain garçon, tiens je te file du charbon pour la peine »). J’ai aussi lu qu’il annonçait la naissance du Christ, ou encore qu’il avait une énorme tête avec 366 yeux rouges, qu’il fallait éloigner les enfants de lui ou encore qu’il offrait gracieusement des bonbons aux enfants en mode Père Noël tout sympa.

Voici d’autres particularités du personnage, toutes aussi réjouissantes :

-          La faucille lui servirait à couper les fagots, mais aussi à menacer les enfants désobéissants. D’ailleurs, à l’origine pour Noël, on suspendait la faucille à la cheminée (bien plus dissuasif qu’une paire de chaussette avec des chocolats à l’intérieur).

-          Niveau alcool, le pauvre homme est tellement relou qu’il en viendrait à être battu par sa propre femme.

-          Quant au sac de charbon, il se référait à l’importance de ce combustible dans les Pyrénées, mais il symboliserait aussi le soleil qui va recommencer à chauffer la terre après l’hiver.

Moi j’ai envie de dire une chose les gars : ON SE RECENTRE là ! Ça part complètement dans tous les sens !

Au passage, je suis preneuse de toutes rectifications et de tout avis de basque pour rétablir un semblant de logique dans cette histoire à dormir debout (soit dit en passant, j’ai bien conscience que l’histoire du Père Noël est aussi un peu bancale…).

Mais sinon, en commençant à fourrer mon nez dans ces traditions locales, je pense que je vais régulièrement vous en sortir quelques-unes. C’est bien sûr un article à prendre au second degrés, je ne veux surtout pas vexer mes hôtes (même si je n’ai rien inventé, c’est une compilation d’informations trouvées sur le net !), j’aime beaucoup toutes ces traditions encore bien ancrées ici, il va juste falloir que je me crée ma propre version officielle (avant que mon fils ne commence à poser des questions…heureusement il n’a que 3 mois donc ça me laisse un peu de temps). Ce que j’ai bien compris, c’est que le rite collectif d’Olentzero servait avant tout à alerter sur la misère, la pauvreté et la précarité, et c’est tout à son honneur. Peut-être faudrait il alors remettre le personnage au goût du jour pour continuer à faire passer ce message auprès des enfants ?!

Allez, Eguberri on quand même

Capture

Olentzero (Photo de pikeneuy)

On the road avec Wikicampers

van, camping-car, fourgon vacances Pays Basque

Dimanche dernier, je suis allée faire un tour au Village Alternatiba à Bayonne, qui au passage a été un vrai succès (plus de 10 000 visiteurs le 6 octobre !). A mon goût une très bonne initiative avec en plus une ambiance bon enfant, de la musique, des débats, de belles rencontres !

(suite…)

Balade-poussette

Socoa

Comme vous le savez (ou pas), je suis jeune maman depuis le mois d’août, et donc toujours en congés maternité (mais plus pour longtemps…).

Je n’ai pas vraiment l’habitude de passer mes journées à la maison en temps normal, mais avec un nouveau-né (aussi mignon soit-il), encore moins ! Donc nous partons en balade au moins deux fois par jours quand le temps le permet. Ca m’a permis de prendre plein de belles photos, même si je passe souvent au même endroit. Mais chaque jour, en fonction des heures, de la météo, de l’état de la mer, les paysages sont différents et je me dis à chaque fois que j’ai vraiment de la chance d’être là !

Vous pouvez aussi me suivre sur instagram : http://instagram.com/melle_claire#

 

Photos côte Basque

Ciboure, Socoa, Saint-Jean-de-Luz

Photos Hendaye Ciboure

Hendaye, Ciboure

 

 

Mon premier hiver au Pays Basque

hiver Pays-Basque

On nous avait prévenu : « t’emballes pas, le Pays Basque c’est sympa mais vous verrez, il pleut TOUT LE TEMPS ». On savait bien que ça n’était pas qu’une légende, que certes nos amis étaient jaloux (et bien évidemment dégoûtés de nous voir partir… non les chevilles ça va) mais qu’il y avait un fond de vérité.

Tout ça, c’était sans compter sur L’HIVER 2012-2013, le plus pluvieux depuis 1925 au Pays Basque (paraît-il). D’une certaine façon ça nous rassure un peu, parce qu’on se dit qu’on a peu de chances de revivre la même chose avant 75-80 ans, et que si on a supporté ça sans devenir neurasthénique  alors les prochains hivers seront paradisiaques !

Ceci dit, quand tu vis plusieurs mois sous une pluie intense, voilà quelques anecdotes qui agrémentent ton quotidien :

-          Tu dois avoir plusieurs manteaux/imperméables, paires de chaussures de rechange, car chaque paire mettra bien une journée à sécher

-          Tu dois investir dans un sèche-linge, car autrement tu seras condamné à porter des vêtements sales, ou humides, en attendant le retour du soleil pour faire une lessive et laisser sécher ton linge au « soleil » (de toute façon tu commences à croire que ce jour n’arrivera plus jamais).

-          Prends soin de ta voiture : enlève la mousse qui commence à pousser à l’extérieur (véridique), soulève ton tapis de sol de temps en temps car la moisissure s’y installe rapidement (le tapis ne séchant jamais), pousse le chauffage à fond régulièrement avant que ça ne sente trop fort le bouc humide. Seul avantage : pas besoin de laver l’extérieur de ta voiture de tout l’hiver !

-          Tu commences à avoir des pensées étranges, du style : les oiseaux peuvent-ils moisir s’ils ne sèchent pas pendant plusieurs semaines (pensée émue pour eux qui ont dû vivre un vrai cauchemar…) ?  C’est normal.

-          Tu dois avoir plusieurs bonnes séries à suivre, un stock monumental de bons films, et regarder régulièrement des vidéos où des gens vivent au soleil (pour ne pas oublier, garder espoir et continuer à rêver).

-          Nettoie et sèche (au sèche-cheveux) régulièrement tes sacs à main et chaussures en cuir qui sont particulièrement sensibles à l’humidité et moisissent en un rien de temps (bon, on habitant à côté d’un cours d’eau, ça n’arrange peut-être pas les choses).

Voilà un petit échantillon. Et surtout, ne pas perdre espoir quand tout le monde te dit que l’été sera forcément pourri aussi (en te sortant un paquet d’explications scientifiques qui ne laissent aucun doute sur la véracité de l’info…) : après un hiver dans le lave-linge, voilà l’été dans le sèche-linge !

Malgré tout, nous avons donc survécu à notre premier hiver basque, et on avoue même qu’on aimerait bien un petit orage de temps en temps (sans trop oser le demander…), histoire de faire baisser la température estivale (mais rétrospectivement, si je m’entendais je me foutrais bien une paire de baffes).

Mon cadeau de bienvenue au Pays Basque

enceinte pays basque

Octobre 2012 : nous nous installons (« nous » = moi, mon homme et p’tit chat) à Hendaye, dans une maison en location saisonnière. Nouveau taff qui me demande d’être dispo rapidement, donc déménagement express de Bordeaux. Mi-novembre, OH surprise, bébé s’installait confortablement en moi. Autant dire que l’air du Pays Basque nous était plutôt gage de bons présages.

Vous allez me dire qu’être enceinte au Pays Basque, c’est pareil qu’ailleurs : on vomi d’abord pendant 3 mois, puis on grossi, puis se déplace en roulant jusqu’à ce que bébé arrive. Oui c’est vrai.

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