nurserie corail bora bora

03 avr À Bora Bora, bébé corail deviendra grand

Lorsque j’étais étudiante en tourisme (oui, étudiant en tourisme ça existe), j’ai eu la chance de faire de nombreux stages de longue durée à l’étranger. Et bien sûr, quitte à passer du temps dans une nouvelle destination, j’essayais de me dégoter des stages dans des coins pas trop dégueu.

En 2005, j’ai eu la chance de partir 5 mois à Bora Bora et à Tahiti pour travailler au service marketing d’une société de gestion d’hôtels de luxe, South Pacific Management. Les hôtels qu’ils gèrent sont de véritables perles, et portent d’ailleurs très bien leurs noms : les Pearl Resorts.

À mon arrivée, on m’a demandé si j’étais intéressée pour travailler sur le communiqué de presse d’un projet qui était en train de voir le jour : To’A Nui, la nurserie corallienne du Bora Bora Pearl Beach Resort. Alors bon, je n’ai pas réfléchi trop longtemps et bien sûr j’ai accepté. À l’époque, j’avoue, je n’y connaissais pas grand-chose sur le corail, sur l’importance qu’il représente pour notre planète, sur les menaces qui le guettent aujourd’hui. Car les barrières de corail, les récifs coralliens (les « patates » comme je les appelais) ne sont pas que beaux, ils sont de véritables oasis dans un immense désert.

Le corail, l’oasis des mers

Si vous n’êtes pas un pro des coraux, voilà quelques infos qui devraient vous intéresser (pas de panique, contenu digeste) :

–          Le corail est composé de petits animaux appelés polypes, vivant en symbiose avec des micro-organismes d’origine végétale.

–          Les coraux grandissent en colonies et sont en quelque sorte les architectes de la barrière de corail.

–          À sa mort, le corail se transforme en roche, c’est le corail dur.

–          Certains coraux ressemblent beaucoup à de petites plantes ou de petits arbres des mers, c’est ce qu’on appelle le corail mou. Ceux-ci n’ont pas de squelette et ne sont donc pas des architectes (chacun à sa place)

–          Pour grandir convenablement, les coraux ont besoin de vivre dans une eau salée, claire et peu profonde à une température comprise entre 21 et 29 °C  (exigeantes ces petits bêtes !).

Le corail a mal (et peut faire mal si on s’y frotte)

Bien sûr, je ne vais rien vous apprendre sur le réchauffement climatique, la pollution marine, l’exploitation excessive du littoral, les techniques de pêche destructrices, le tourisme de masse, d’autres sites et blogs le font très bien. Sachez néanmoins que certains utilisent le corail comme matériau de construction. Un genre béton local en quelque sorte.

La planète va mal, ce n’est une surprise pour personne (en tous cas j’espère). Nos jolies oasis des mers occupent aujourd’hui environ 15% des côtes mondiales (300 000 km), et on pense que 25% de ce récif est déjà détruit. Ça fait froid dans le dos, non ? Allez, j’en rajoute une petite couche : on pense même que ce chiffre pourrait atteindre 40% à 50% dans les vingt prochaines années. À ce stade, on peut clairement parler d’une catastrophe écologique, d’un drame pour la biodiversité aquatique puisque près de 25 % des espèces sous-marines vivent dans ces écosystèmes complexes ! Et un désert sans oasis, c’est la mort pour tout le monde, Némo, Dorry, Marin et tous leurs amis compris…

danger destruction corail

J’ai eu la chance de rencontrer Denis Schneider, biologiste universitaire et initiateur de la nurserie corallienne To’A Nui (et surtout l’homme qui a le bureau le plus génial du monde : le lagon de Bora Bora). Cette expérience grandeur nature est aujourd’hui un succès et a permis de sauvegarder des espèces en voie d’extinction. Malgré tout c’est une goutte d’eau dans l’océan, mais un superbe projet qui se multiplie un peu partout dans le monde. Pour en savoir plus sur la nurserie, je vous conseille de visionner ce petit reportage : Polynésie, coraux à protéger

L’installation des nurseries à proximité de complexes hôteliers est également un atout pour la sensibilisation des voyageurs. Je n’ai pas vu de comportements choquants en Polynésie-Française, mais j’ai pu constater la surexploitation des sites de la mer Rouge, du côté d’Hurgada : des dizaines de groupes plongent ensemble sur les mêmes spots, donnant des coups de palme, touchant les quelques coraux qui survivent encore…un vrai massacre !

Il y a donc encore beaucoup du chemin à faire, mais ce genre d’initiative vaut le coup d’être soulignée, pour que les lagons du monde restent toujours aussi beaux que ça !

poissons sauvegarde corail(données recueillies via SPM hotels)

 

5 Commentaires
  • [email protected]
    Posté à 10:40h, 08 avril Répondre

    Très belle expérience auprès des coraux de Bora Bora, ça fait envie !
    Rien que le nom « Bora Bora » sonne merveilleusement à mes oreilles, un parfum de paradis terrestre ! ;)

    J’ai eu la chance de plonger aux îles Galapagos (où je suis restée 6 semaines), mais 5 mois à Tahiti, effectivement, ça ne doit pas être « dégueu » ! ;)

    Cela fait plaisir de lire ce genre de chose et de voir qu’il y a des initiatives pareilles qui existent.

    • Claire
      Posté à 21:41h, 08 avril Répondre

      Merci Amandine ! Oui, ces initiatives qui fleurissent un peu partout dans le monde méritent d’être soulignées.
      Effectivement Bora Bora c’est magnifique, mais la vie là-bas n’est pas toujours si belle qu’on peut l’imaginer… mais ça sera le sujet d’un prochain article ;-)

  • Milie
    Posté à 23:55h, 24 avril Répondre

    Super article sur un sujet que je connaissais peu. c’est sur qu’on sait que la planète va mal mais à force de l’entendre, ça devient un peu banal et on pense plus vraiment à toutes les conséquences désastreuses que notre éphémère passage sur Terre entraîne. C’est bien de le rappeler, et de nous faire rêver! 5 mois à Bora Bora, t’as vraiment du te gâter!!

    • Claire
      Posté à 08:34h, 25 avril Répondre

      Merci beaucoup Millie pour ton gentil message !
      Et oui, 5 mois en Polynésie c’était un superbe voyage, mais j’en parlerai dans un prochain article ;-)

  • Océalie
    Posté à 19:43h, 14 mai Répondre

    Intéressant ça ! On se sent vraiment impuissant face à ce phénomène, et ce genre d’initiative doit être encouragé… En Australie, c’est l’hécatombe sur le Grande barrière. Et je ne pense pas que le tourisme et le trafic maritime arrangent les choses :/

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