Rencontre avec les hommes fleurs – épisode 1

Un lit pour dormir, c’est utile, même pour des stagiaires.

Depuis toute petite j’ai été attirée par le voyage, la découverte de cultures différentes. Certainement une curiosité naturelle, car enfant je n’ai pas beaucoup voyagé hors des frontières européennes. Et puis dès que j’ai eu l’âge de prendre mon envol, je suis partie loin, et même très loin, pendant des semaines et même des mois. Je ne cherche absolument pas à cumuler les destinations, je préfère partir moins souvent mais rester le plus longtemps possible sur place.

Un de mes voyages le plus marquant a été l’Indonésie. J’y suis parti avec mon chéri, pour faire notre stage de fin d’études d’une durée de 6 mois. C’était en 2007. Notre objectif : développer l’activité commerciale d’un écolodge/surfcamp basé dans les îles Mentawai, en face de l’archipel de Sumatra. Le propriétaire de l’écolodge, un français, a écrit un paquet d’ouvrages photographiques sur le trekking. Bref, un mec expérimenté qui a l’air de savoir ce qu’il fait.

On arrive donc un beau matin du mois de mai, après de longues heures de vols via Mascate (Sultanat d’Oman) où nous avons même passé une nuit en raison d’un problème sur notre avion. Fatigués mais heureux, nous atterrissons à l’aéroport de Padang.

Un jeune indonésien vient nous chercher, il s’appelle Ricky. Il a l’air heureux de nous voir et nous accompagne jusqu’à la maison de Gilles, notre directeur de stage.

Arrivés à Padang dans la folie des transports, nous découvrons la maison de Gilles bien située dans le centre-ville. Il nous accueille rapidement, nous explique que nous commencerons notre stage ici chez lui, le temps qu’internet par satellite soit installé dans le surf camp. Nous sommes crevés, il nous montre notre chambre et la salle de bain…première consternation. Une pièce vide, quatre murs délabrés, salis, tâchés, humides et pour office de salle de bain un toilette turc et une bassine d’eau. Pas de quoi cuisiner non plus.

voyage sumatra padang

salle de bain padang

Notre première mission de stage sera donc : acheter un lit, repeindre les murs, nettoyer la salle bain (là on ne peut pas améliorer grand-chose). Trois jours plus tard, nous pouvons enfin défaire nos valises et dormir dans un lit (merci l’accueil).

Autant dire que si j’avais été seule, je crois que j’aurais fait demi-tour direct… J’ai l’habitude de voyager simplement, sans confort, mais sans demander un logement de luxe y’a quand même un minimum de respect à avoir dans le cadre d’un stage (un lit pour dormir, c’est utile, même pour des stagiaires).

Nous voici donc enfin aptes à travailler. Notre première mission, avant d’aller nous installer à l’écolodge qui se trouve sur l’île de Siloinak dans les îles Mentawai, sera de faire connaître les prestations de l’écolodge « all over the world » : surfcamp avec guide surf et trekking en immersion chez les hommes fleurs.

Pour ceux qui ne connaissent pas les « hommes fleurs », appelés aussi peuple Mentawai du même nom que les îles qu’ils occupent, voilà un extrait du reportage « rendez-vous en terre inconnu » tourné avec Patrick Timsit.

Les premières semaines, nous travaillons donc jour et nuit, car nous avons des rendez-vous téléphoniques à la fois avec les États-Unis, le Brésil, la France ou le Japon…ça demande une certaine organisation. On s’y colle à fond, en imaginant que plus vite nous aurons terminé cette mission, plus vite nous partirons enfin de Padang. Car Padang et ses 800 000 habitants, ce n’est pas facile facile tous les jours à vivre… sans parler de la pollution (j’ai vécu quelques semaines au Caire, donc rien ne m’étonne plus à ce niveau là), les habitants ne sont pas habitués à voir des touristes, et la religion musulmane m’oblige à me couvrir un maximum lors de mes sorties (sans parler de décolleté bien sûr, je dois me passer des manches courtes avec des températures dépassant les 30°C et un taux d’humidité de 90 %…) et à porter t-shirt et caleçon pour me baigner. Nous avons l’impression d’être Brad Pitt et Angelina Jolie car la moindre de nos sorties est source d’attroupements et de pauses photos avec des habitants curieux. Nous avons même déjà eu des badauds prêts à sonner à notre porte pour une petite photo souvenir !

Mais bien sûr, le départ de Padang ne se passera pas aussi facilement que prévu…

To be continued !

Leave a Reply