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03 juin Comment devient-on accro au voyage ?

Voilà une question qu’on m’a posé à plusieurs reprises, et à laquelle j’ai toujours eu du mal à répondre : « qu’est ce qui t’as donné le goût du voyage et t’as poussé à travailler dans le secteur du tourisme ? » J’imagine qu’il y a autant de réponses que de voyageurs. Souvent, les gens imaginent de prime abord que mes parents étaient déjà des férus de voyage, et que j’ai probablement chopé le virus dès mon enfance. Sauf que non, pas du tout. On partait souvent en vacances en famille, mais plutôt en France ou en Europe (et c’était déjà très bien). Je n’ai pas trouvé de réponse claire, d’évidence, mais j’ai néanmoins quelques pistes…

Mon premier coup de cœur.

Je devais avoir 14 ou 15 ans, et à l’époque je n’avais aucune idée de ce que je voulais devenir plus tard. Peut-être chanteuse/danseuse/actrice (star), vétérinaire ou alors dans ma période agent secret. Bref, cette année mes parents avaient choisi comme destination l’Andalousie. J’imaginais l’Espagne, la mer, le soleil, mais finalement ce fut bien plus que ça. Il y a d’abord eu le « choc » du climat (au mois d’Avril, on comptait bien 10°C d’écart avec la France), puis j’ai eu la sensation d’être transportée dans un autre monde. L’Andalousie c’est un peu l’Afrique du Nord, un peu l’Espagne, un joyeux mélange de culture, de musique, de gastronomie, d’une architecture mauresque qui m’était inconnue. Le caractère si particulier de la destination, pourtant pas si loin de la France, m’a fait « voyager » pour la première fois. Par voyager, j’entends donc découvrir, m’évader, sortir de mon quotidien, m’émerveiller face à des choses que je n’avais jamais vues ou des sensations encore jamais éprouvées. Je ne sais pas si ce voyage est le premier à m’avoir donné le goût de l’évasion, mais il y a probablement contribué.

On passe aux choses sérieuses

Mes parents m’ont ensuite fait découvrir la Guadeloupe, voyage que j’ai beaucoup aimé mais qui bizarrement m’a moins marqué que l’Andalousie. L’ambiance était pourtant à la découverte, mes parents n’étant (heureusement) pas des accro de la plage et des vacances à la FRAM ou à la Club Med. À ce moment-là, j’étais déjà très attirée par le monde du voyage, et je pensais à travailler dans le secteur du tourisme.

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Voyage en Guadeloupe

Une fois le bac en poche, ma première histoire de cœur « sérieuse » m’aura permis de vivre mon véritable premier voyage : une année en Égypte. Mon copain de l’époque étant photographe pour le CNRS en mission aux temples de Karnak (pas le Carnac de Bretagne, hein !), j’ai eu la chance de vivre cette année avec des archéologues, tailleurs de pierre, dessinateurs, au rythme des découvertes archéologiques. J’ai voyagé dans toute l’Égypte, du Sinaï à Abou Simbel en passant par la mer rouge, le désert blanc, le désert arabique, le Caire… Bref, cette année aura été très riche en découvertes et en sensations : la joie d’entendre le chant du muezzin le matin, de réviser mes cours au bord du Nil à l’ombre de palmiers, de rencontrer plein de nouvelles personnes, de découvrir un nouveau mode de vie, de nouveaux paysages, une nouvelle culture. C’était aussi le premier Noël loin de mes proches, mon premier anniversaire sans ma famille et bien d’autres sensations nouvelles, qui permettent de prendre conscience de ce qui compte pour nous. Le retour en France a été lui aussi marquant, et je ne l’ai pas du tout vécu comme une épreuve. L’Égypte me manquait, mais j’étais tout aussi heureuse de retrouver mon pays, ma famille, mes amis. C’est ce que le voyage m’a appris : apprécier ici, ailleurs, au moment où j’y suis. Comprendre aussi où je vis depuis ma naissance, la chance que j’ai, et être marquée à mon retour par la qualité des infrastructures, l’organisation omniprésente en France, le système de santé etc.

Mon rythme de croisière

Après cette première expatriation d’un an, je me suis directement orientée vers des études de management touristique et hôtelier. Pour obtenir mon master, j’ai dû effectuer trois stages à l’étranger d’une durée et 5 à 6 mois chacun : le Sénégal, l’Indonésie et la Polynésie française. À chaque fois des coups de cœur et des déceptions. Le Sénégal a été une expérience fabuleuse tant professionnellement que personnellement. L’Indonésie m’a permis de découvrir l’Asie et ses paysages somptueux, mais j’avoue ne pas avoir autant accroché avec les gens qu’en Afrique. Mon séjour à Tahiti a été plus difficile pour plusieurs raisons, mais il m’a beaucoup appris sur moi-même et j’en garde de très beaux souvenirs. J’ai rencontré mon chéri pendant mes études de tourisme, j’ai donc la chance de partager ma vie avec un amoureux des voyages, qui lui connaît comme sa poche Madagascar et l’Afrique du Sud. Après mon master en poche, j’ai eu la chance de travailler rapidement en tant que chef de produit dans un petit tour opérateur spécialisé sur le voyage d’aventure en Égypte et en Jordanie. Dans le package du chef de produit, il y a bien sûr les nombreux déplacements sur le terrain qui m’ont permis pendant 4 ans de garder un pied à l’étranger (et une base de bronzage tout au long de l’année !).

Mais le printemps arabe aura eu raison de mon poste, comme grand nombre des personnes avec lesquelles je travaillais. Aujourd’hui, à nouveau en poste dans le secteur du tourisme, je n’ai plus de déplacements professionnels à l’étranger et je ne peux donc compter que sur mes cinq semaines de congés payés… J’avoue que partir en voyage une semaine par ci par là me semble maintenant bien léger, et même dépourvu de sens pour un voyage dans une destination inconnue. Parallèlement à ça, j’ai la grande chance d’habiter au Pays Basque et je peux donc profiter toute l’année de la mer, de la montagne, de la campagne, du piment d’Espelette, des cerises d’Itxassou et du fromage de brebis. Bref, je profite de ce que j’ai aujourd’hui, comme mes voyages me l’ont bien appris… Et comme je sais que ma vie est loin d’être figée, nous profitons de ce que nous avons ici jusqu’à la prochaine aventure !

Et vous, comment êtes-vous devenus accro aux voyages ?

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3 Commentaires
  • Laurent
    Posté à 22:29h, 04 juin Répondre

    Salut Claire,
    Pas mécontent de lire que je ne suis pas le seul à trouver assez mystérieuse mon appétence pour les voyages. Comme toi, aucun background familial, mais le mystère est encore plus épais, car même une fois étudiant, j’ai souvenir d’avoir trouvé mes copains qui sont partis en séjour Erasmus et autre plutôt hardi. Je ne me sentais pas vraiment prêt pour ça.
    Et finalement, mon premier boulot sera à Dublin et 2 mois plus tard, une météorite indienne me tombait sur le coin de la tête et la blessure n’a jamais cicatrisée depuis :-)
    Parmi mon cercle d’amis, je comptais donc parmi les moins porté vers ça et n’étais pas forcément, le plus hardi. Aujourd’hui, c’est l’inverse, c’est assez drôle la vie parfois !
    Du coup, maintenant que tu ne voyages plus pour le boulot, tu regroupes tes congés pour un voyage d’une certaine durée ou tu découpes dans tous les sens ?

    • Claire
      Posté à 10:06h, 05 juin Répondre

      Salut Laurent,
      C’est marrant de ne pas trop pouvoir expliquer le pourquoi du comment, mais au final on peut juste se réjouir d’avoir chopé le virus du voyage !
      Niveau congés, je peux difficilement regrouper mes semaines de vacances (ça serait trop compliqué pour le boulot), donc je fais de petits séjours d’une semaine à 10 jours max. Du coup, j’essaie de partir pas trop loin, et idéalement dans des coins que je connais déjà un peu ou alors où je sais que l’approche sera facile et rapide. Je ne veux pas passer à côté de quelque chose et je préfère réserver les grands voyages pour plus tard, le jour où j’aurai le temps (et ce jour viendra, en tous cas je fais tout pour, et probablement dans pas si longtemps !). C’est donc une situation temporaire dont je me contente pour le moment (ayant en plus un bébé de moins d’un an, les grands trips seraient un peu compliqués à mettre en place avec ou sans lui).
      Ça reste quand même parfois frustrant. Je rêve de Namibie, de Vitenam et d’Amérique du Sud… mais le moment n’est pas encore venu !

      Et toi, comment tu gères tes voyages ? Je me demande toujours comment vivent les autres blogueurs voyages, car hormis les quelques chanceux qui arrivent à monnayer leurs trips (et on sait qu’on peut les compter sur les doigts d’une main), je suis toujours impressionnée de voir des blogueurs partir tous les 4 matin, à priori sans trop de contraintes !

    • Laurent
      Posté à 13:05h, 07 juin Répondre

      J’ai la chance de pouvoir poser mes vacances à peu près n’importe quand et par bloc généralement de 4 semaines. Du coup, entre les congés payés, les RTT, les jours de vieux, j’ai en gros 8 semaines, donc quasi 2 voyages de 4 semaines par an (je prends juste quelques jours à Noël sinon). Donc je compte plutôt parmi les chanceux :-)
      Partir à nouveau pour plus longtemps me chatouille pas mal depuis quelque temps, à suivre …

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