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N’oublions pas l’Égypte

Je me souviendrais toujours de ce mardi 25 janvier 2011. J’étais au boulot, en train d’organiser les derniers préparatifs pour les départs en vacances de février de mes nombreux clients, à destination de Louxor, du Caire, d’Hurgada et aussi d’Amman. L’Égypte et la Jordanie n’ont jamais été autant à la mode. L’agence de voyage pour laquelle je bosse s’est spécialisée dans les circuits aventure sur ces deux destinations, et depuis 4 ans elle cartonne. Tellement que je suis obligée de partir presque à chaque vacances pour accompagner des groupes, par manque de guides-accompagnateurs sur le terrain. Je venais tout juste de prendre mon billet d’avion pour Louxor, et comme je n’avais pas pu partir pour Noël j’étais surexcitée à l’idée de retrouver tout mon petit monde là-bas. Randos, rencontres, culture, nature : c’était notre créneau, et l’Égypte était la destination parfaite pour rendre les vacances de nos clients inoubliables.

Ce mardi 25 janvier, c’était la haute saison touristique là-bas, tout le monde se préparait pour le grand rush des vacances de février. Jusqu’à ce que la fenêtre skype s’ouvre sur mon ordi, et la voix de Mohamed hurle « c’est la révolution ! Au Caire tout le monde est dans la rue, Moubarak va partir ! ». Je suis sur le cul très étonnée de ce qu’il me dit. J’avais déjà parlé à plusieurs reprises de Moubarak avec certains collègues égyptiens qui n’avaient pas la langue de bois (et ils se faisaient rares), ils étaient persuadés que personne n’oserait jamais descendre dans la rue. Les arguments qui revenaient souvent, étaient « Les égyptiens sont un peuple pacifique, et puis nous sommes pauvres, nous n’avons aucun pouvoir. La répression est omniprésente, on pourrait même finir en prison si quelqu’un entendait cette discussion ! ». Et c’était vrai. C’était même hallucinant, au quotidien. Les militaires omniprésents, partout et pour tout. La peur, l’angoisse de dire un mot de trop, alors descendre dans la rue…c’était bien loin dans leur « to do » list.

Ce 25 janvier, comme mes amis égyptiens, j’étais ravie. Inquiète pour la suite, pour eux, pour moi aussi, mais ravie. Comme un feuilleton passionnant, je n’ai pas lâché la rediffusion d’al jazeera en direct de la place Tahrir, et le soir, de retour chez moi, je n’ai pas décroché des diffusions en live. J’avais des amis à la maison mais qu’importe, ce qui arrivait était historique !

Et puis et puis… Et puis Moubarak est parti (hourra), et puis les forces de l’ordre ont investi la place Tahrir, accompagnés des chameliers des pyramides de Guizeh (« grassement » payés pour l’occasion) qui décimèrent leurs amis/voisins/concitoyens à coups de machettes, et puis les partis islamistes remportent près de 75% des places au parlement, et puis Morsi est élu puis destitué par l’armée, et puis des milliers de morts s’accumulent de mois en mois, puis d’années en années. Et voilà, nous sommes en 2014. Aujourd’hui les égyptiens sont fatigués, résignés.

Certains de mes amis réussissent à vivre grâce à leurs champs, ou en donnant des cours de langue, ou encore de petits boulots manuels, mais ceux qui avaient tout misé sur le tourisme survivent et s’enfoncent un peu plus chaque jour dans la misère. Depuis ce mardi 25 janvier 2011, je ne suis pas retournée en Égypte, mon deuxième « chez moi », là où j’ai vécu puis voyagé tant de fois. J’ai perdu mon boulot comme bon nombre des personnes avec qui je travaillais en France, mais j’ai rebondi comme la plupart d’entre nous. Mes amis égyptiens ne peuvent pas tourner la page, passer à autre chose, prendre un nouveau départ…et avec le temps, les nouvelles d’Égypte passent inaperçues dans nos actualités quotidiennes.

Des élections présidentielles sont programmées les 26 et 27 mai 2014, avec un score final qui laisse déjà peu de place au doute. Le maréchal Sissi qui est l’origine l’éviction de Mohamed Morsi (seul président jamais élu démocratiquement en Egypte…) est aujourd’hui très populaire et représente à merveille la main de fer de l’armée Égyptienne sur ce pays. Si tel est le cas, on peut espérer une stabilisation de la situation politique, une baisse du terrorisme mais probablement un retour du pouvoir autoritaire, comme sous l’aire Moubarak. Au final, un genre de retour au point de départ, difficile à encaisser mais probablement bien plus bénéfique pour le pays que la situation actuelle… et qui je l’espère sonnera le retour en force du tourisme en Égypte !

Vallée du Nil - Edfou

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Vis ma vie de guide-accompagnateur

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, à 25 ans, il a fallu que je dise stop aux études et que je me lance enfin dans la vie professionnelle. Avec un master en management touristique en poche, je ne rêvais que d’une chose : être chef de produit. Je savais que ce poste était réservé aux seniors, ceux qui avaient déjà bourlingué à travers le monde et qui ont une grosse expérience en tour-operating derrière eux, mais bon, rêver ça ne coûte rien.

Ma bonne étoile lance le début de l’aventure

Et puis un mois après mon stage de fin d’étude, j’ai vu cette annonce paraître sur un site d’offre d’emploi : chef de produit junior dans un tour-opérateur basé à Bordeaux spécialiste du voyage d’aventure au Moyen-Orient. LE RÊVE, tout y était : le boulot de mes rêves, le tourisme d’aventure, la ville que je visais, et potentiellement comme destination le pays que je connais comme ma poche et dont je ne me lasserai jamais, l’Égypte.

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Bédouin du désert arabique, Égypte

Le Moyen-Orient, c’est très large, mais comme la chance semblait réellement vouloir me viser, la destination était bien mon pays d’adoption. Une bonne dose de chance n’arrivant jamais qu’à moitié, j’appris lors de l’entretien final que le correspondant local n’était autre que l’ancien collègue photographe de mon ex petit-ami, qui quelques années plus tôt m’avait effectivement baladé dans toute l’Égypte avec son véhicule floqué Nouvelles Frontières. Bref, comme si finalement, tout ça avait été orchestré depuis des années. C’est ce genre d’événement qui me fait penser que finalement, rien n’arrive pas hasard. Avec tous ces feux verts, j’ai été l’heureuse élue parmi plus de 2 000 candidats.

Quinze jours après mes débuts, mon nouveau boss m’explique qu’il faudrait que j’accompagne régulièrement des groupes sur le terrain, cela me permettra de tester les circuits, de discuter avec les intervenants, d’améliorer ce qui peut l’être. Bien sûr j’ai dit oui, il aurait été suicidaire de dire non. Mais j’avoue, je ne faisais pas la maline. J’ai eu beau habiter un an à Louxor, je ne me sentais pas du tout prête à accompagner un groupe pendant une semaine ou quinze jours, à répondre à toutes leurs questions sur la culture, l’histoire (et difficile de faire plus complexe que l’histoire d’Égypte), à gérer la logistique, à être intéressante et surtout à être à la hauteur de leurs attentes. Un mois après mon arrivée dans la boite, je m’envolais pour l’Egypte.

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Parfois, il faut faire les comptes (le mauvais côté du boulot)…

Mes premiers circuits

La première fois, je suis partie pour les vacances de Noël. Le programme était le suivant : une semaine de formation auprès d’un accompagnateur dans le cadre d’un circuit, puis la semaine suivante : toute seule avec mon propre groupe. J’ai eu la chance d’être formée par un mec très compétent et surtout super sympa qui deviendra rapidement un ami. C’est un français amoureux de l’Égypte, à peine plus âgé que moi, qui avait décidé de poser ses valises sur la rive ouest de Louxor. Depuis 3 ans, il ne vivait que de ça : accompagner de petits groupes de français en felouque, dans les temples, en rando dans le désert, en balade sur la mer rouge… Il m’a appris beaucoup de choses, mais à la fin de ma semaine de formation je me sentais loin d’être prête à gérer un groupe. La boule au ventre, je passais mon temps à réviser l’histoire des temples que j’allais faire découvrir, le déroulé du circuit avec les contacts à appeler au fur et à mesure, les différents prestataires à réserver à prévenir, vérifier le contenu de la pharmacie etc. Hors de question que mes touristes soient déçus, hors de question qu’ils remarquent que c’était ma première fois : il va falloir assurer.

A l’arrivée du groupe à l’aéroport, j’avais le cœur serré, presque la nausée. Lorsque je les ai accueillis, plutôt que d’avoir peur de ne pas assurer, j’ai senti que j’avais comme mission de rendre leurs vacances inoubliables, et ça m’a presque donné des ailes.

Ce premier circuit m’a donné confiance en moi malgré mes doutes, car je suis persuadée qu’aucun de mes petits protégés n’a eu idée que je vivais mon premier circuit, du haut de mes 25 ans, et que mon vrai métier c’était chef de produit. Une semaine en Louxor et Assouan, trois jours de navigation en felouque, plein de rires, d’histoires, de rêverie, et des petits mots gentils écrits par mon groupe sur une carte postale avant de les raccompagner à l’aéroport. Je les ai relu plein de fois ces « merci pour ce superbe voyage, merci à notre Nefertiti, on espère repartir avec toi une prochaine fois… » et j’étais boostée pour la suite !

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Contempler le paysage avec mon groupe à l’heure du bivouac et raconter quelques histoires

Mes meilleurs souvenirs

De l’accompagnement, je garde plein de merveilleux souvenirs. Même si au bout de quatre ans à raison de deux circuits en Égypte et en Jordanie tout les deux mois, j’avais toujours la boule au ventre à l’arrivée d’un nouveau groupe, je ne garde que le meilleur. Certains séjours ont été éprouvants, difficiles, avec des touristes toujours plus exigeants, des doutes, mais d’autres resteront gravés à jamais dans ma mémoire. Notamment lors de l’éruption du volcan Eyjafjöll où je me suis retrouvée bloquée 5 jours avec mon groupe, sans savoir quand nous allions pouvoir rentrer en France. Certains avaient des choses importantes à faire en France (je pense à ces deux choupinettes qui ont loupé leur concours de MNS qu’elles préparaient depuis des mois), un autre était en manque de médicaments et craignait la crise d’épilepsie, mais malgré tout ils ont tous été adorables et patients, un groupe dont je n’ai oublié aucun visage. Je n’ai pas beaucoup dormi pendant ces 5 jours, mais cette expérience unique me laisse un superbe souvenir. Parce que jamais je n’aurais imaginé être capable de gérer ça comme ça.

Je garde d’excellents souvenirs de ces paysages magnifiques qu’ils ont découverts, ébahis, et que je redécouvrais à chaque fois. Je me nourrissais de leur émerveillement. Quel bonheur d’être celle qui leur faisait découvrir ce pays.

Je n’oublierais jamais nos débriefing entre accompagnateurs à la fin du séjour, ce moment où tu relâches tout (et ou souvent tu finis à 3 grammes), où on se racontait nos anecdotes, les meilleurs et les pires moments de la semaine.

Tout ça j’ai pu le faire en sortant de ma zone de confort. L’accompagnement, ce n’était pas mon métier, et ce n’est pas celui auquel j’ai postulé lorsque j’ai trouvé mon job de rêve. Mais c’était le gros plus qui donnait du piment à mon boulot, ce gros plus qui m’a prouvé que oui, avec un bon coup de pied au cul j’étais capable de faire tout ça, et bien plus encore !

Toutes mes bonnes choses ont une fin, même si celle-ci n’était pas des plus heureuses. Mais je sais qu’un jour (bientôt peut-être ?), une nouvelle aventure me permettra de faire à nouveau rêver les gens !

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Quelques histoires et anecdotes pendant les pauses !

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Bivouac dans le Désert Blanc

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Méharée dans le désert arabique, Égypte

Balade au Caire de nuit

Le Caire by night

Randonnée dans le désert du Sinai

Randonnée dans le désert du Sinaï

Pétra, accompagnateur, randonnée

Randonnée à Pétra

randonnée dans le désert du wadi rum

Paysages imposants dans le désert du Wadi Rum, Jordanie

Océan, mon ami ?

On a tous des peurs, des angoisses plus ou moins présentes dans notre quotidien. Certains peuvent vivre avec, s’en accommoder, mais pour d’autres c’est un challenge quotidien à relever. Certains ont peur de la foule, du vide, des araignées ou des serpents, d’être malade, de parler en public… Personnellement je pense n’avoir aucune de ces peurs, même si les araignées ne sont pas mes amies. Par contre, s’il y a bien une chose qui m’impressionne et m’effraie autant qu’elle m’attire, c’est l’océan. Mais cette année, j’ai décidé qu’on deviendrait de vrais amis.

Chercher à comprendre

Bon, ok, l’océan ça peut être dangereux, mais de là à en avoir peur hein… chochotte. (attention je vous entends d’ici). J’ai bien compris depuis longtemps que la peur est totalement irrationnelle. Elle va se nourrir de plein d’éléments vécus, entendus, imaginés. Elle va s’imposer de façon insidieuse, petit à petit, jusqu’à prendre contrôle de vous,  vous empêchant ainsi d’agir contre elle (c’est une connasse, n’ayons pas peur des mots).

En ce qui me concerne, ma peur actuelle remonte à l’enfance et s’est construite d’années en années. Ça a commencé petite, lorsque dans mon village (un petit port de Charente-Maritime appelé Meschers, pour ceux qui ont déjà mis les pieds du côté de Royan), on se racontait des histoires glauques de noyades, de têtes coupées par des hélices de bateaux, ou lorsqu’en C.P. on annonce a ma copine de classe que son oncle pêcheur est passé par dessus bord et qu’ils ne l’ont pas retrouvé.

À 10 ans j’ai participé à une compétition de natation en mer, et je n’ai pas réussi : lorsque j’ai sauté du zodiac, la peur m’a submergée. Et pourtant, prenant des cours de natation et habitant à 500 mètres de l’océan, cet élément était loin de m’être étranger. Mon imagination exaltait, je pouvais facilement m’imaginer croiser le cadavre d’un pêcheur noyé depuis 15 jours ou un requin tigre en pleine partie de chasse dans la baie de Royan. Facile.

La mer fait partie intégrante de ma vie car j’ai toujours vécu à proximité d’elle et il n’en sera jamais autrement. À 15 ans j’ai passé mon baptême de plongée, une expérience qui ne m’a pas laissé d’excellents souvenirs même si c’était en Guadeloupe. Je préférais de loin nager en surface ou à proximité de la plage. Puis quelques années plus tard mon aventure égyptienne a commencé, et j’ai eu la chance d’accompagner des groupes de touristes en Mer Rouge une vingtaine de fois et de plonger avec eux (sans bouteille). En tant que guide-accompagnatrice, il fallait que j’assure. Sur certains sites isolés à l’époque, notamment Sharm el Naga, j’ai vu des fonds magnifiques, tellement beaux que je ne pensais plus à avoir peur. Du côté d’Hurghada, le spectacle était plutôt désolant à cause de la surpopulation, mais ceci est un autre sujet. Tout se passait très bien, mais j’étais un vrai pot de colle avec le guide de plongée. Je ne sais pas ce que mon imagination pouvait chercher, mais impossible de me sentir à l’aise dès que le fond de l’océan était un bleu soutenu, duquel je pouvais imaginer remonter un requin tigre ou l’équipage noyé d’un sous-marin russe.

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Zen avant de plongée dans le Blue Hole. Définition Wikipédia : « Le Blue Hole de Mer Rouge est un trou bleu d’environ 130 mètres de profondeur. Il est situé en Égypte, à l’est du Sinaï, à 8 km au nord de Dahab. C’est un site de plongée sous-marine aussi réputé que dangereux. » Je suis restée en surface…

J’ai testé ma peur de l’océan dans les vagues des îles Mentawai, alors que je savais à peine surfer. Vous me direz que je l’ai cherché, et c’est pas faux. J’ai testé ma peur de l’océan dans les vagues de Bali, et j’ai réellement failli me noyer avec une copine dans les vagues de Dreamland. D’ailleurs je ne remercie pas les « sauveteurs » qui nous ont regardé lutter contre le courant de toutes nos forces pour essayer de revenir à bord, qui nous ont vu paniquer et imaginer le pire, être à deux doigts de la syncope sans pour autant bouger un orteil. Ce jour-là, j’ai cru que mon cœur allait sortir de ma poitrine et que quelqu’un allait me retrouver dans 15 jours toute gonflée sur une plage de Bali.

La phase de combat

En 2005 je suis partie 6 mois à Bora Bora, et j’ai décidé de faire un premier pas vers mes peurs : j’ai nagé avec les requins. En faisant les choses par étapes, j’ai d’abord pataugé au milieu d’une nursery de requins, histoire de faire risette avec les bébés requins pointe noire. Checked. Deuxième étape : une plongée avec les parents de ces petits requins pointe noire, ainsi qu’avec des requins gris de récif et des requins citron. Etrangement, avec une bonne préparation et bien accompagnée, l’expérience n’a pas été si difficile que ça (sauf ce boulet d’américain qui avait mis des couleurs flashis et qui avait tendance à me coller un peu trop, d’ailleurs il a failli se faire dévorer la main par une murène). Je crois que les requins et moi, on est presque devenus copains. J’ai même pris à cœur d’expliquer à qui voulait l’entendre que le shark feeding à l’époque très pratiqué en Polynésie était une vraie connerie. Laissons les requins tranquilles. Je me suis mise à nager seule sans avoir peur (ceci dit, depuis que j’ai vu un chien jouer à trappe trappe avec un requin pointe noire, je me suis bien détendue). Bref, j’étais sur la bonne voie pour me sentir dans mon élément dans l’océan.

Mais c’était sans compter sur la série d’attaques de requins en Mer Rouge après lesquelles j’ai continué à plonger la peur au ventre du côté d’Hurghada (on dit que le guide doit montrer l’exemple, non ?).

Mer rouge plongée egypte Hurghada

Plongée pas très intimiste à Hurghada

Mais c’était aussi sans compter sur un de mes voyages au Sénégal, cette fois ci en amoureux pour trois semaines de vacances entre Dakar et la Casamance. Après une nuit de bateau entre Ziguinchor et Dakar, nous posons les pieds à terre au petit matin, crevés (et nous apprenons la mort de Mickael Jackson, cette journée commençait déjà mal). Nous trouvons un petit hôtel sympa au nord de Dakar en bord de mer. Nous faisons une sieste matinale pour prendre quelques forces et vers 11h nous décidons de sortir sur la plage à la recherche d’un petit café. En marchant le long de la mer, nous apercevons une forme humaine, raide, les bras levés, se balançant au rythme des vagues. À quelques mètres, des gens se baignaient en toute tranquillité. Je pense que c’est un mannequin, ça ne peut pas être autre chose. Je m’approche, encore plus près, j’ai besoin de bien le voir pour y croire. Il s’agit bien d’un cadavre, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui s’était noyé 10 jours plus tôt, surpris par la puissance des courants avec plusieurs de ses amis lors d’un exercice de natation (ça on l’a appris plus tard, il n’y avait malheureusement pas de voix off pour nous expliquer). Si jeune, si baraqué, comment l’océan a-t-il pu n’en faire qu’une bouchée ?

Maintenant que j’habite au Pays Basque, l’océan fait à nouveau parti de mon quotidien. J’ai retenté le surf, je fais de la pirogue-polynésienne en club, je cherche un stand up paddle pour me faire de belles balades et petits surfs dans la baie après le boulot. Ma moitié est un passionné de surf, mon fils le sera aussi (même si il ne le sait pas encore).

Pour tenter de mettre un terme à mes peurs irrationnelles, j’ai décidé de passer mon niveau 1 de plongée cet été. Autant vous dire que ça m’angoisse un peu (et peut-être beaucoup quand l’échéance approchera), car ça sera un vrai challenge pour moi. Je suis très à l’aise au dessus de l’eau et j’adore y plonger mes mains assise dans ma pirogue, mais découvrir les profondeurs, c’est une autre histoire. Il faudra que je briefe bien le moniteur avant pour qu’il comprenne. J’ai l’espoir qu’après ça je ne conserve que le côté rationnel de ma peur pour l’océan, et ce côté-là je compte bien le conserver car face à l’océan il ne faut jamais être en totale confiance.  En attendant je garde en tête la dernière plongée que nous avons fait sur l’île de Saba, un des plus beaux spots au monde, parfait pour moi : visibilité incroyable (ça en fout un coup à mon imaginaire qui fait moins le malin), une quinzaine de tortues au compteur en à peine une heure de snorkelling. Finalement, le paradis serait-il sous les mers ?

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Snorkelling à l’île de Saba, Antilles

Et vous, avez-vous des peurs contre lesquelles vous essayez de lutter ? Est-ce que certains d’entre vous ont le même sentiment face à l’océan ?

La corruption policière en voyage, souvent inévitable !

L’Indonésie est un pays tout simplement magnifique. J’ai eu la chance de passer 6 mois entre Sumatra, les îles Mentawai, Lombok et Bali et chacune de ces îles m’a apporté son lot de merveilleux souvenirs. Un jour j’y retournerai, c’est certain.

Pendant tout notre périple, nous avions choisi le scooter comme mode de déplacement. Nous n’avons eu aucune difficulté à en louer un à Bali, l’opération a été beaucoup plus complexe à Padang sur l’île de Sumatra, la destination étant très peu touristique. C’est de loin le moyen de transport le plus pratique et le plus économique, et personnellement j’adore ça ! Je n’ai jamais eu de scooter en France, et j’apprécie d’autant plus de me déplacer le vent dans les cheveux dans ces destinations ou les températures dépassent allègrement les 20 °C tout au long de l’année. Je dis bien « le vent dans les cheveux » car oui, quand on loue un scooter en Indonésie, on ne nous fournit pas le casque avec. Là-bas, personne ne roule avec un casque, même si c’est censé être obligatoire.

Nous avons pu nous rendre compte très rapidement qu’en tant que touristes, nous étions les seuls à devoir nous plier à cette loi !

Première expérience à Padang

La première chose à savoir en Indonésie, c’est que le salaire des policiers se base sur l’argent qu’ils auront ponctionné aux touristes, tout simplement. L’explication, c’est que même un délit mineur peut vous emmener tout droit au tribunal, et que tous les touristes de passage préfèrent bien évidemment payer un bakchich au policier plutôt que de perdre une journée face à la cours. Le système est rôdé et fonctionne aussi bien à Sumatra qu’à Bali ou Lombok…

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Comme souvent lors de nos premiers déplacements dans une ville inconnue, nous nous sommes plantés d’itinéraires plus d’une fois. Ce jour-là, sur un grand axe routier de Padang, nous cherchions à faire demi-tour. À chaque croisement, un panneau d’interdiction nous empêchait de repartir dans le sens opposé, nous avons donc décidé de nous diriger sur une route annexe pour faire notre demi-tour dans les règles. C’était sans compter sur la présence de policiers, tranquillement postés dans un coin du boulevard. Après avoir fait notre demi, nous avons dû nous arrêter au stop à côté de ces fameux flics de Padang. La bedaine bien gonflée, ils nous attendaient de pied ferme. « Vous n’avez pas le droit de faire demi-tour, et vous ne portez pas de casque. Passeports ». Pour le demi-tour, nous leur expliquons que nous sommes dans les règles puisque nous avons fait demi-tour dans une petite rue annexe où c’était autorisé. Ils font style de ne pas écouter. Entre temps, ils chopent les passeports que je tenais dans ma main. Grosse erreur que nous ne commettrons plus à l’avenir !

Les flics font les malins et nous annoncent que ces infractions peuvent nous coûter « cher » : une amende de 250 000 roupies indonésiennes (environ 18 euros) et surtout, que nous sommes bons pour un passage devant le tribunal ! Nous n’avons aucune idée de la véracité ou non de la sanction, mais nous n’avons pas envie de perdre du temps avec ces histoires. Après quelques tentatives de négociation, nous sortons 100 000 roupies et leur expliquons que nous n’avons rien d’autre sur nous (corruption, quand tu nous tiens), ils font style que ce n’est pas suffisant. Mais nous ne craquerons pas. Nous faisons semblant de passer quelques coups de fil à des personnes haut placées, mais ça ne leur fait pas peur. Finalement, ils prennent les 100 000 roupies mais décident de nous faire chier jusqu’au bout : ils refusent de nous rendre nos passeports. Puis finalement, un flic bien dégueu me sort « passeport contre un bisous ». Autant vous dire que certainement pas. On aurait pu y passer la nuit sans problème. Finalement, il me fait la blague du « je te le rends et zou je te reprends quand tu tends la main », et il a fait ça jusqu’à ce que je comprenne que je tendais la main gauche (la main « impure », autant vous dire que j’ai mis du temps à capter)… Bref, cette première rencontre avec les flics nous aura vacciné pour la suite.

Comment ne pas se faire avoir

Nous avons squatté quelques jours à Dreamland au sud de Bali. À l’entrée du site, les flics avaient installé un petit cabanon et ponctionnaient un droit de passage à chaque touriste. On nous avait prévenu à l’avance qu’ils s’étaient installés là de leur propre chef et qu’il n’était absolument pas obligatoire de leur donner un droit de passage. Au premier passage, nous nous faisons arrêter et nous négocions ferme pour qu’ils nous laissent passer. Au bout d’une demi-heure de négo, nous craquons et leur donnons un petit billet avant de démarrer à toute vitesse. Pour les passages suivants, nous devions passer le plus vite possible et surtout éviter leurs tentatives de coups de pieds dans le scoot (très dangereux au passage) et autres tentatives pour nous arrêter. Effectivement, si chaque touriste leur paye un droit de passage à chaque entrée/sortie du site, l’opération doit être très lucrative ! Nous aurons deux autres rencontres avec la police à Bali qui se termineront toutes par le paiement d’un bakchich, malheureusement, et ce malgré nos casques. Il y a toujours une faille, que ce soit l’assurance du scooter, un problème de propriété ou des pneus un peu trop lisses (tous les moyens sont bons pour trouver une excuse).

À Lombok, nous apprendrons à tracer la route lorsque la police veut nous arrêter, et même à leur faire un petit coucou au passage. Vous me direz qu’on cherche un peu les emmerdes, mais au bout de 4-5 mois ça devenait franchement très lourd. Finalement, ils réussiront quand même à nous arrêter au débarcadère pour rentrer sur Bali (problème d’assurance du scooter ce coup-ci, valable sur Bali mais pas sur Lombok, bien sûr). Nous passerons plusieurs heures à négocier avec eux, car ce coup-ci j’étais déterminée à ne pas craquer. Nous restions assis à côté du cabanon, pendant qu’ils jouaient aux cartes. Finalement, à l’arrivée du bateau en provenance de Bali, ils nous ont laissé partir pour pouvoir se consacrer aux touristes fraîchement arrivés. Comme quoi parfois, quand on a le temps, ça vaut le coup de ne pas se laisser faire.

On ne peut pas trop leur en vouloir, le système est corrompu à la base car il repose sur le bakchich pour payer leurs salaires…ça reste néanmoins super désagréable au quotidien, car on est sans arrêt pris pour des pigeons.

Bien sûr, l’Indonésie est loin d’être le seul pays touché par la corruption policière… personnellement, j’y ai eu droit à plusieurs reprises au Sénégal. C’est une situation toujours délicate, entre l’envie de ne pas céder au chantage et la peur de l’uniforme. Ceci dit, j’ai aussi rencontré quelques flics sympas et tout à fait honnêtes qui se faisaient un plaisir de nous aider à trouver notre route (mais il faut avouer que c’est plus rare).

Quant à l’Égypte, on pourrait écrire tout un roman sur la police et l’omniprésence des forces militaires toutes puissantes, mais c’est encore un autre sujet !

Et vous, est-ce que vous avez déjà connu des galères avec des flics zélés ?

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Comment devient-on accro au voyage ?

Voilà une question qu’on m’a posé à plusieurs reprises, et à laquelle j’ai toujours eu du mal à répondre : « qu’est ce qui t’as donné le goût du voyage et t’as poussé à travailler dans le secteur du tourisme ? » J’imagine qu’il y a autant de réponses que de voyageurs. Souvent, les gens imaginent de prime abord que mes parents étaient déjà des férus de voyage, et que j’ai probablement chopé le virus dès mon enfance. Sauf que non, pas du tout. On partait souvent en vacances en famille, mais plutôt en France ou en Europe (et c’était déjà très bien). Je n’ai pas trouvé de réponse claire, d’évidence, mais j’ai néanmoins quelques pistes…

Mon premier coup de cœur.

Je devais avoir 14 ou 15 ans, et à l’époque je n’avais aucune idée de ce que je voulais devenir plus tard. Peut-être chanteuse/danseuse/actrice (star), vétérinaire ou alors dans ma période agent secret. Bref, cette année mes parents avaient choisi comme destination l’Andalousie. J’imaginais l’Espagne, la mer, le soleil, mais finalement ce fut bien plus que ça. Il y a d’abord eu le « choc » du climat (au mois d’Avril, on comptait bien 10°C d’écart avec la France), puis j’ai eu la sensation d’être transportée dans un autre monde. L’Andalousie c’est un peu l’Afrique du Nord, un peu l’Espagne, un joyeux mélange de culture, de musique, de gastronomie, d’une architecture mauresque qui m’était inconnue. Le caractère si particulier de la destination, pourtant pas si loin de la France, m’a fait « voyager » pour la première fois. Par voyager, j’entends donc découvrir, m’évader, sortir de mon quotidien, m’émerveiller face à des choses que je n’avais jamais vues ou des sensations encore jamais éprouvées. Je ne sais pas si ce voyage est le premier à m’avoir donné le goût de l’évasion, mais il y a probablement contribué.

On passe aux choses sérieuses

Mes parents m’ont ensuite fait découvrir la Guadeloupe, voyage que j’ai beaucoup aimé mais qui bizarrement m’a moins marqué que l’Andalousie. L’ambiance était pourtant à la découverte, mes parents n’étant (heureusement) pas des accro de la plage et des vacances à la FRAM ou à la Club Med. À ce moment-là, j’étais déjà très attirée par le monde du voyage, et je pensais à travailler dans le secteur du tourisme.

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Voyage en Guadeloupe

Une fois le bac en poche, ma première histoire de cœur « sérieuse » m’aura permis de vivre mon véritable premier voyage : une année en Égypte. Mon copain de l’époque étant photographe pour le CNRS en mission aux temples de Karnak (pas le Carnac de Bretagne, hein !), j’ai eu la chance de vivre cette année avec des archéologues, tailleurs de pierre, dessinateurs, au rythme des découvertes archéologiques. J’ai voyagé dans toute l’Égypte, du Sinaï à Abou Simbel en passant par la mer rouge, le désert blanc, le désert arabique, le Caire… Bref, cette année aura été très riche en découvertes et en sensations : la joie d’entendre le chant du muezzin le matin, de réviser mes cours au bord du Nil à l’ombre de palmiers, de rencontrer plein de nouvelles personnes, de découvrir un nouveau mode de vie, de nouveaux paysages, une nouvelle culture. C’était aussi le premier Noël loin de mes proches, mon premier anniversaire sans ma famille et bien d’autres sensations nouvelles, qui permettent de prendre conscience de ce qui compte pour nous. Le retour en France a été lui aussi marquant, et je ne l’ai pas du tout vécu comme une épreuve. L’Égypte me manquait, mais j’étais tout aussi heureuse de retrouver mon pays, ma famille, mes amis. C’est ce que le voyage m’a appris : apprécier ici, ailleurs, au moment où j’y suis. Comprendre aussi où je vis depuis ma naissance, la chance que j’ai, et être marquée à mon retour par la qualité des infrastructures, l’organisation omniprésente en France, le système de santé etc.

Mon rythme de croisière

Après cette première expatriation d’un an, je me suis directement orientée vers des études de management touristique et hôtelier. Pour obtenir mon master, j’ai dû effectuer trois stages à l’étranger d’une durée et 5 à 6 mois chacun : le Sénégal, l’Indonésie et la Polynésie française. À chaque fois des coups de cœur et des déceptions. Le Sénégal a été une expérience fabuleuse tant professionnellement que personnellement. L’Indonésie m’a permis de découvrir l’Asie et ses paysages somptueux, mais j’avoue ne pas avoir autant accroché avec les gens qu’en Afrique. Mon séjour à Tahiti a été plus difficile pour plusieurs raisons, mais il m’a beaucoup appris sur moi-même et j’en garde de très beaux souvenirs. J’ai rencontré mon chéri pendant mes études de tourisme, j’ai donc la chance de partager ma vie avec un amoureux des voyages, qui lui connaît comme sa poche Madagascar et l’Afrique du Sud. Après mon master en poche, j’ai eu la chance de travailler rapidement en tant que chef de produit dans un petit tour opérateur spécialisé sur le voyage d’aventure en Égypte et en Jordanie. Dans le package du chef de produit, il y a bien sûr les nombreux déplacements sur le terrain qui m’ont permis pendant 4 ans de garder un pied à l’étranger (et une base de bronzage tout au long de l’année !).

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Voyage à Pétra

Mais le printemps arabe aura eu raison de mon poste, comme grand nombre des personnes avec lesquelles je travaillais. Aujourd’hui, à nouveau en poste dans le secteur du tourisme, je n’ai plus de déplacements professionnels à l’étranger et je ne peux donc compter que sur mes cinq semaines de congés payés… J’avoue que partir en voyage une semaine par ci par là me semble maintenant bien léger, et même dépourvu de sens pour un voyage dans une destination inconnue. Parallèlement à ça, j’ai la grande chance d’habiter au Pays Basque et je peux donc profiter toute l’année de la mer, de la montagne, de la campagne, du piment d’Espelette, des cerises d’Itxassou et du fromage de brebis. Bref, je profite de ce que j’ai aujourd’hui, comme mes voyages me l’ont bien appris… Et comme je sais que ma vie est loin d’être figée, nous profitons de ce que nous avons ici jusqu’à la prochaine aventure !

Et vous, comment êtes-vous devenus accro aux voyages ?

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Qui suis-je ?

Bienvenue !

D’ici et d’ailleurs, ex-perpignanaise d’origine royannaise, de passage par Bordeaux, j’ai enfin posé mes valides au Pays-Basque (et j’espère pour de bon).

Anciennement chef de produit touristique, j’ai aussi habité quelques temps à Louxor en Égypte, quelques mois en Polynésie Française à Papeete, également au Sénégal à Dakar, ou encore à Padang (Sumatra) puis à Bali en Indonésie. Vous le comprendrez, le voyage c’est mon truc !

Aujourd’hui, je suis community manager (dans le secteur du tourisme bien sûr), et je suis donc hyper-connectée aux news, blogs et tips du secteur. Vous trouverez ici un joli mélange de conseils, de bons plans, de retours d’expérience, d’anecdotes, de carnets de voyage, de photos de partout et naturellement surtout de chez moi, au Pays-Basque (+ quelques geekeries et 2-3 blagounettes au passage).

Je ne pourrai certainement pas m’empêcher de partager règulièrement quelques réflexions ou bonnes idées pour les mamans du Pays Basque (étant moi-même une maman toute neuve).

Donc bienvenue sur mon blog, merci de me lire, et n’hésitez pas à laisser vos commentaires !